26.08.19 Gestion active ou gestion passive, même combat ?

La gestion de fortune active et la gestion passive sont deux philosophies de gestion de fortune, mais elles se distinguent par bien des points. Entre promesses de performance et réalité, il est important de bien comprendre les différences, les avantages et les inconvénients de ces deux méthodes de gestion.

Les promesses de la gestion active

Depuis toujours, la gestion active est considérée comme une évidence quand il s’agit d’appliquer une stratégie de placement. Cette philosophie de gestion s’appuie sur l’idée que, grâce ses connaissances aiguisées du marché, un gérant va pouvoir surperformer un indice de référence (aussi appelé « benchmark). Le gestionnaire cherche à acheter des actifs (par ex. des actions ou des obligations) qu’il pense susceptibles de croître plus rapidement que le marché, tout en se les procurant au meilleur moment.

Par exemple, le gérant peut viser à surperformer l’indice SMI, le Swiss Market Index qui regroupe les 20 plus grandes capitalisations boursières suisses, grâce à une sélection et pondération des titres différente de celle de l’indice.

Sans entrer dans les détails, cette idée se fonde sur l’hypothèse que le marché est inefficient : le gérant actif considère qu’une partie de l’information disponible n’est pas incorporée dans le prix des actifs et qu’il peut donc en profiter pour acheter peu cher et vendre au meilleur prix.

Au contraire, si le gérant partait du principe que le marché est efficient, cela voudrait dire que ce dernier incorpore toute l’information disponible dans le cours des actifs. Le prix des actifs est donc le «juste prix», à chaque instant.

Contrepartie de cette promesse de surperformance : les frais relatifs à la gestion active se révèlent trois à quatre fois plus élevés que ceux d’une gestion passive. En effet, cette pratique est gourmande en analyse de marché et le gérant veut être rémunéré pour la performance promise.

À partir de ces informations, le client peut se poser plusieurs questions : existe-t-il des gérants qui surperforment leur marché de référence ? Un gérant qui a déjà surperformé dans le passé va-t-il continuer dans le futur ? Suis-je capable de sélectionner ces gérants ? Vais-je avoir accès à mes données et comprendre mes investissements ?

Des performances en net recul

Intuitivement, la gestion active devrait avoir de plus en plus de difficultés à délivrer une surperformance par rapport au marché. Au fil des années, grâce aux progrès technologiques, l’information circule de plus en plus vite et atteint un nombre grandissant de personnes. Les marchés sont donc de plus en plus efficients, rendant de ce fait la gestion active moins performante. En effet, il devient plus difficile pour un gérant de battre l’intelligence collective de millions d’investisseurs ayant accès à la même information, au même moment.

Cette supposition est confirmée historiquement. Une écrasante majorité des gérants actifs échouent à battre leur indice de référence. D’après un article publié dans le Financial Times, 99% des fonds actifs qui ont cherché à battre l’indice américain des marchés d’actions ont échoué ces 10 dernières années. Globalement, si l’on considère d’autres indices, de nombreuses études montrent que 80% à 90% des gérants actifs ont sous-performé. Pendant ce temps, les frais élevés liés à une gestion active continuent d’être prélevés.

Pire, en 2017, Better Finance, la Fédération Européenne des Épargnants, a rendu publique la liste des gérants actifs dont la performance est incroyablement proche de leur indice de référence, soit le résultat attendu lors d’une gestion passive ! Cela revient à obtenir le résultat d’une gestion passive au prix fort. La performance nette de frais souffre inévitablement.

Reste à savoir s’il est possible de prédire quels gérants actifs surperformeront dans le futur. Encore une fois, c’est une tâche extrêmement difficile et les (sur)performances passées ne présagent pas des (sur)performances futures. En d’autres termes, un gérant ayant battu son marché de référence pendant les trois dernières années a très peu de chance de reproduire cet exploit lors des trois années suivantes. N’hésitez pas à consulter l’étude SPIVA à ce sujet.

Par conséquent, la question suivante se pose : la gestion active a-t-elle encore sa place dans une gestion de fortune saine ? Si oui, sur quels marchés ?

La gestion passive, diversification et efficience des frais

De son côté, la gestion passive ne cherchera pas à "faire mieux". Elle suit un indice de référence avec pour objectif de répliquer sa composition et, par conséquent, sa performance. Moins gourmande en recherche constante et frais d’analyse, cette philosophie de gestion coûte beaucoup moins cher.

Des véhicules implémentent cette philosophie et sont disponibles pour de nombreux indices de référence. Ce sont les ETFs (Exchange-Traded Fund) ou trackers. Ils offrent un énorme gain de temps et d’argent. D’abord, parce qu’en achetant un ETF, il est possible d’investir dans une région du monde sans avoir à acheter chaque titre individuellement. Ensuite, parce qu’ils sont environ 5 fois moins cher que les fonds actifs « classiques ».

À l’échelle d’un portefeuille multi-actif, le gérant convaincu par une approche passive va se concentrer sur la construction d’un portefeuille viable sur le long terme, diversifié et donc robuste face aux crises financières passagères. Il peut proposer des frais totaux plus bas et adaptés à l’espérance de rendement du portefeuille.

Non seulement la gestion passive est performante et moins coûteuse, mais elle est aussi plus compréhensible et accessible dans sa présentation aux commerciaux, aux entreprises ainsi qu’aux particuliers.

Warren Buffett, célèbre homme d’affaires et investisseur américain, recommande l’investissement passif !

Une cohabitation possible ?

Fyleen, Lean Wealth Management est d’avis qu’une gestion active peut avoir un sens dans des marchés moins liquides et/ou de niche, où l’information sera moins disponible et circulera plus lentement (ex. sociétés non cotées, dette non cotée, immobilier, etc…).

C’est pourquoi nous proposons une gestion passive sur la majorité des avoirs de nos clients : un cœur de portefeuille diversifié et robuste constituant la colonne vertébrale des investissements de ce dernier. C’est une base solide d’ETFs en actions et obligations couvrant toutes les régions du monde.

Fyleen suggère ensuite de gérer activement une partie moindre de ces avoirs dans des opportunités d’investissement satellites.

Pour plus d’informations sur notre offre, vous pouvez contacter nos conseillers au 022 539 18 39 pour une étude personnalisée de votre patrimoine ou via ce formulaire. Nous nous ferons un plaisir de vous contacter.